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Succombez au charme de la perle de Tahiti !

En panne d’idée cadeau pour la St Valentin ? Avant de vous jeter sur le premier bouquet de roses rouges ou la classique boîte de chocolats en forme de cœur au magasin du coin, on a beaucoup mieux pour vous : une perle de Tahiti. Bijou incontournable en Polynésie (et pas seulement réservé à Tatie Yvonne ou aux grandes occasions), la perle noire est unique en son genre et tient une place importante dans l’économie du fenua. Aujourd’hui sur Maeva Expat, on vous embarque à la découverte de la perliculture polynésienne !

Autant vous le dire tout de suite, si les perles viennent bien du lagon, suffit pas d’être un bon plongeur ou d’avoir un coup de bol en commandant un plateau d’huîtres pour tomber sur une perle de Tahiti. Les bacs de perles noires dans les bijouteries locales ne se remplissent pas uniquement grâce à Dame Nature (on aurait bien aimé), mais surtout grâce au savoir-faire des hommes. Pour la petite histoire, dans les années 60 la Polynésie se lance dans la culture perlière sur l’atoll de Hikueru (aux Tuamotu) en s’appuyant sur l’expertise japonaise. Et là, bingo : les huîtres greffées fabriquent des perles. Une première ferme perlière ouvre à Manihi (aux Tuamotu également), puis d’autres aux Tuamotu et Gambier (oui, bien qu’on l’appelle « perle de Tahiti », c’est plutôt dans ces archipels qu’on la produit).

Pour les plus curieux qui se demanderaient comment on cultive la perle de Tahiti, on vous explique : lorsqu’un corps étranger (typiquement un grain de sable ou de corail) entre dans l’huître perlière, l’huître le recouvre de nacre par mécanisme d’autodéfense et forme ainsi une perle. La culture des perles reproduit ce phénomène naturel en implantant un nucleus (une petite bille ronde) et un greffon (qui fabrique la nacre) à l’intérieur d’une huître. Les huîtres greffées sont ensuite remises à l’eau, et il faudra attendre 18 mois minimum pour passer à la récolte. Et la récolte, autant vous dire que c’est comme au loto : on gagne pas à tous les coups. Seulement 30% des huîtres greffées donneront une perle (oui d’accord c’est beaucoup mieux que les stats au loto).

Et des perles, vous l’avez vu si vous êtes déjà venu au fenua, il y en a de toutes les formes : rondes, baroques, cerclées, semi-rondes, semi-baroques… Les rondes étant les plus rares et elles sont donc les plus chères. Mais si les perles made in fenua sont uniques (en toute objectivité J), c’est grâce à leur couleur. Okay on parle de « perle noire » (poe rava en tahitien), en opposition à la perle blanche qu’on trouve en Asie, mais en réalité la palette de couleurs est bien plus large que ça : bleu, vert, aubergine, gold, gris, noir… Et ça, c’est grâce à l’huître Pinctada Margaritifera ( on ne vous en voudra pas si vous ne retenez pas le nom), qu’on appelle aussi « l’huître aux lèvres noires ».

Après la récolte, les perles sont triées selon leur taille, leur couleur, la qualité de leur surface et leur lustre puis classées en différentes catégories (selon la réglementation définie par le gouvernement polynésien). La perle « parfaite », celle qui coche toutes les cases, est dans la catégorie « top gem », la perle « presque parfaite » dans la catégorie A, la perle « un chouilla moins parfaite » dans la catégorie B, puis C, puis D. Bref vous avez compris le principe : plus une perle a de défauts (cerclages, piqûres, absence de lustre, etc.), moins bien elle est classée et moins cher elle sera vendue. Mais ça n’enlève rien à son charme !

Les perles, ce n’est pas qu’une histoire de style et de mode (ni de femmes d’ailleurs, ici les hommes portent aussi la perle !). Il faut savoir que l’industrie de la perliculture occupe une place importante dans l’économie locale : elle est la 2ème source de revenus du pays (après le tourisme, of course), crée des milliers d’emplois au fenua et permet aux atolls isolés de garder  leurs habitants.

Bon, on ne pouvait pas ne pas en parler : le réchauffement climatique, l’huître perlière est moyennement fan. La température de l’eau jouant un rôle primordial dans la qualité des perles, un hausse de 2°C n’est pas la bienvenue : au-delà de 28,7°C, la performance de l’huître diminue. Nana les jolies perles. Et on ne vous parle même pas de l’impact de la pollution plastique du lagon sur la perliculture. Voilà, voilà. Heureusement, les initiatives écologiques se multiplient au fenua et la Polynésie se met de plus en plus au zéro déchet!

Vous êtes décidé à (vous) offrir une perle ? Plusieurs options possibles : foncer au Marché de Papeete, dans une des nombreuses bijouteries du fenua ou alors aller carrément visiter une ferme perlière dans les îles : non seulement vous pourrez faire vos emplettes directement auprès du producteur (sans y laisser un loyer), mais en plus vous pourrez assister à différentes étapes de la production de perles. Un bon prétexte pour partir en virée dans les îles, non ?