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    L’énergie en Polynésie : Un historique étonnant

    Le prix de l’énergie et le développement des énergies renouvelables (EnR) sont devenus des sujets sociétaux. Pour que la passion et les fantasmes ne prennent pas le pas sur la lucidité dans le débat, il est nécessaire de faire un retour sur les choix que nos gouvernements ont fait en matière énergétique ces 30 dernières années, choix qui - avec les contraintes intrinsèques de notre situation insulaire et tropicale – conditionnent l’énergie d’aujourd’hui.

    Nous avons une histoire énergétique étonnante, avec des initiatives qui nous ont fait faire tour à tour des bonds en avant, puis des bonds en arrière.

     

    1980 : La Polynésie, une vitrine de l’énergie solaire

    La réflexion sur l’autonomie énergétique est engagée par le Territoire dès la fin des années 70, à la suite du premier choc pétrolier. En juillet 1978, une convention est signée entre le CEA (Commissariat à l’Énergie Atomique) et le gouvernement pour développer un programme d’énergies renouvelables Enersol qui est géré par un GIE. Le CEA a l’ambition de faire de la Polynésie une vitrine technologique en matière d’énergies renouvelables. Les opérations portent sur la climatisation et la réfrigération solaire, puis l’électrification. De 1981 à 1983, Enersol permet d’équiper les archipels en panneaux solaires (plus de 1000 installations solaires sur une vingtaine d’atolls).

    Ce sont essentiellement les îles et atolls les plus coupés de Tahiti qui ont su tirer bénéfice des avancées de la technologie en matière d’énergies renouvelables. Sur les îles de la Société, les centrales thermiques assurent les besoins de la population. La centrale de la Punaruu inaugurée en 1986 est venue soutenir l’ancienne centrale de l’avenue du Chef Vairaatoa construite en 1917. Dans la course à l’autonomie énergétique, l’île de Tahiti choisit l’hydroélectricité.

     

    L’hydroélectricité dès 1981

    En 1911, l’entreprise de distribution publique d’énergie électrique (ancêtre de l’actuelle EDT) se lance dans un projet de barrage hydroélectrique dans la vallée de la Fautaua. Ce projet n’aboutit pas, essentiellement pour des raisons financières. À la fin des années 1970, un nouveau projet de barrage hydroélectrique appelé Enerpol est porté par quelques personnalités politiques et hommes d’affaires polynésiens, à grand renfort d’études coûteuses sur fonds publics qui n’aboutiront jamais. L’affaire vaut aux Polynésiens de payer une taxe dite "impôt Enerpol" pour couvrir la faillite (500 millions de Fcfp) et dissuade le Territoire de s’engager avant longtemps dans un projet de barrage.

    Il faut attendre 1980, pour qu’une société privée envisage de produire de l’électricité à partir de petites centrales sur les rivières tahitiennes. Dominique Auroy et Tinomana Ebb, nouveau maire de Teva I Uta, créent une société hydroélectrique qui exploite une centrale sur la rivière Vaite. Le premier kWh hydroélectrique est fourni le 30 juin 1981.

    Cette société hydroélectrique devient la Coder (Compagnie de développement des énergies renouvelables) Marama Nui. Le Territoire et EDT entreront dans le capital de Marama Nui en juillet 1981, de façon minoritaire. En décembre 1981, la ligne d’interconnexion de Taravao, Hitiaa et Papenoo sera mise en service, puis le premier aménagement de Vahiria et les plateaux de Hitiaa en 1982. Les aménagements de l’est et de l’ouest se poursuivront jusqu’en 1990.

    La TEP, société de transport d’énergie électrique, est créée par le Territoire en 1985, ses programmes structurants permettent l’écoulement de l’hydroélectricité et de l’énergie issue de la centrale de la Punaruu.

     

    Papenoo, la vallée témoin

    De 1991 à 1998, l’activité de Marama Nui a porté essentiellement sur l’aménagement de la Papenoo et la réalisation de trois centrales. À cette époque, les intervenants sur ces projets n’ont certainement pas eu une sensibilité environnementale au sens large suffisante et il n’existe aucune réglementation territoriale en termes d’impact.

    Des engins de terrassement réalisant des voies à travers la nature vierge et la construction de divers édifices vont imprimer durablement une image négative auprès de la population (sentiment qui perdure encore) pourtant presque 20 ans après le début des travaux, la Papenoo est aujourd’hui une vallée très appréciée des promeneurs, pour sa faune, sa flore, ses sites archéologiques entretenus par l’association culturelle Haururu.

     

    Années 90, éolien et biomasse : des projets pilotes avortés

    En 1994, le CEA et l’ADEME se désengagent des projets d’énergies renouvelables. Quelques projets pilotes notamment sur l’énergie éolienne (Rangiroa et Maupiti), mais aussi une centrale de dessalinisation (Rangiroa) ou une chambre froide en production solaire (Maiao) tombent rapidement en ruine.

    En 1993, la mise en place dans la vallée de la Tipaerui d’une usine de traitement de déchets ménagers - Tamara Nui - fait aussi grand bruit. Cette première expérience de production d’électricité à partir de biomasse est pourtant intéressante, mais pose problème dès son ouverture. Les riverains se plaignent des odeurs dégagées par la turbine et disent ne pas avoir été consultés en amont de la construction. En 1995, la société est mise en faillite.

     

    Des besoins énergétiques croissants à la fin des années 90

    La fin des années 90 a vu jusqu’à 50 % de couverture des besoins énergétiques par l’hydroélectricité, grâce aux aménagements hydroélectriques sur les rivières Papenoo, Vaite, Vaihiria, Faatautia et Titaaviri, mais le développement industriel et démographique des années 1990 créé des besoins énergétiques croissants.

    Après quelques années plus sèches, au début des années 2000, l’hydroélectricité ne couvre plus que 25 % des besoins et les barrages nécessitent des investissements colossaux pour être mis aux normes. En 1998, Dominique Auroy vend ses participations dans la société Marama Nui à EDT. Puis, en 2000, EDT devient majoritaire dans le capital de Marama Nui, le Pays restant actionnaire à hauteur de 35 %. EDT qui fait partie du groupe Lyonnaise des Eaux a la capacité financière d’entreprendre ces travaux.

    En 1998, une charte de l’énergie est mise en place avec un moratoire du développement des énergies renouvelables en Polynésie française pour une période de cinq ans.

     

    Pourquoi un moratoire des EnR en 1998 ?

    La charte de l’énergie de 1998 propose un moratoire du développement des énergies renouvelables parce que les coûts de production des EnR (augmentés par les travaux sur installations) renchérissaient à l’époque le prix de vente au kWh. Le tarif Marama Nui fixé était de 13,06 Fcp /kWh et donc nettement supérieur aux coûts de production thermique d’alors : 8 à 9 Fcp/kWh.

    Les principaux objectifs de la charte de l’énergie sont :

    - La baisse des coûts de l’électricité qui se traduit en effet par des baisses tarifaires en 2001 et 2002, puis 2005 (malgré la reprise à la hausse des hydrocarbures dès fin 2004)
    - Le passage en concession EDT d’un maximum d’îles afin d’assurer la fiabilité du service public en tout point de la Polynésie française. Cet objectif est partiellement atteint puisque EDT a aujourd’hui 19 concessions.

    - Protéger et restaurer l’environnement naturel et culturel lors des réalisations des investissements énergétiques de la Polynésie française. Ce qui amène EDT à entreprendre une démarche de certification ISO Qualité Sécurité et Environnement qu’elle obtient en 2004.

     

    Les années 2000, la fin des 20 glorieuses

    Ce début de décennie est profondément marqué par le 11 septembre 2001. Le tourisme étant le principal secteur économique de la Polynésie, c’est tout un modèle de développement qui s’effrite. L’instabilité politique que la Polynésie connaît à partir de 2004 et la crise mondiale de 2008 font entrer la Polynésie dans une crise durable. Les chiffres de la pauvreté, de l’endettement, des pertes d’emplois s’emballent.

    À partir de 2000, EDT est le principal acteur de la gestion du service public de l’électricité et jouit d’un « monopole naturel » (expression utilisée par le rapport de la CRE de 2012). Le coût de l’énergie devient un sujet récurrent dans les critiques faites aux gouvernants comme à EDT.

    En signant la Charte de l’énergie, EDT s’est engagé dans une réflexion de développement harmonieux et lance en 2008 une vaste campagne d’information sur les économies d’énergie. Cet engagement contribue à infléchir progressivement le chiffre d’affaires de la société.

     

    De 2009 à 2011, la filière Photovoltaïque (PV) en pleine mutation

    De 2009 à 2011, le parc de production photovoltaïque raccordé au réseau (avec revente partielle ou totale de la production) a connu un développement rapide sous l’effet de la défiscalisation et d’un tarif d’achat élevé. La production PV n’a cessé d’augmenter pour atteindre 5% en 2015. La fin de la défiscalisation et la baisse du prix d’achat de kW solaire a donné un coup de frein à la filière.

     

    Fin 2015, adoption d’un plan de transition énergétique

    Pour relancer la filière photovoltaïque, le Pays instaure en septembre 2017 une aide financière aux particuliers pour l’installation d’une unité de production photovoltaïque. Elle ne concerne que les locaux à usage d’habitation, à l’exclusion de tout usage commercial ou professionnel. Cette mesure qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du plan de transition énergétique adopté en novembre 2015 sera-t-elle suffisamment motivante ? Quant à la filière hydroélectricité, si la société Marama Nui développe des aménagements technologiques pour augmenter sa rentabilité, elle ne voit aucun nouveau projet de barrage se mettre en place.

     

    Semaine Européenne du développement durable du 30/05 au 05/06/2018

    Rejoignez-nous !

    La Semaine européenne du développement durable a lieu chaque année du 30 mai au 5 juin. Elle a pour objectif de promouvoir le développement durable, de sensibiliser chacun à ses enjeux, ainsi que de mobiliser chaque année tout type de participants.

    La thématique de cette année 2018 est « Villes et territoires de demain », et chaque projet présenté doit concerner au moins un des trois piliers du développement durable (social, environnemental, économique)

    La ville de demain est une problématique mondiale, avec des villes en pleine croissance démographique, il est maintenant nécessaire de s’adapter à cette population tout en respectant l’environnement afin de le rendre plus agréable à y vivre.

    Pour cette semaine du développement durable, EDT ENGIE vous accompagnera tous les jours avec des conseils afin de vous montrer de nouvelles méthodes pour améliorer votre quotidien tout en adoptant une aptitude plus responsable pour l’environnement.

     

    Mercredi 30/05 : Mieux se nourrir

    Jeudi 31/05 : Mieux utiliser les ressources

    Vendredi 1/06 : Mieux travailler et mieux se déplacer

    Lundi 04/06 : Mieux recycler

    Mardi 05/06 : Mieux vivre ensemble

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